Biographie

Désiré Aerts (Oncle Pierre) était un homme brillant, érudit, très cultivé, galant, abordable et généreux de lui-même, parfois têtu, il ne laissait personne d'indifférent. Lorsqu'il prenait une cause à coeur, il donnait son 150% sans se ménager. Il était polyglotte puisqu'il parlait 10 langues (français, wallon, flamand, allemand, anglais, italien, espagnol, portugais, swahili (langue bantoue africaine) et l'arabe).

Il était un pilote d'avion chevronné, pratiquait la plongée sous-marine, le parachutisme, la photographie dans tous ses aspects y comprit le développement en chambre noire. Il a aussi touché à la peinture, la sculpture et la gravure. Il aimait l'opéra, le théâtre et la musique classique. Plus jeune, ses parents lui firent prendre des cours de chant et d'orgue. En plus de la zoologie, il était fasciné par l'histoire surtout par la Renaissance sous le règne de François Ier.

Désiré Aerts de son vrai nom était Belge. Il est né le 30 juillet 1924, à Sclessin, banlieue de Liège où il fit toutes ses études primaires et secondaires.

Ses parents étaient de modestes ouvriers. Son père travaillait pour une grosse métallurgie de cuivre et sa mère possédait un atelier de couture de mode à la résidence familiale où elle employait trois (3) jeunes femmes.

Lorsque la guerre se déclara en 1939, ayant tellement entendu parler leurs aînés à propos des Allemands, lui et 17 compagnons pris de panique, quittèrent la Belgique en exode dans un long périple qui le conduisit jusqu'à Alger. Ils traversèrent la France, furent prisonniers en Espagne pendant la guerre civile, s'évadèrent du camp de concentration où ils étaient brutalisés. Ensuite, ils parcoururent le Portugal et les survivants traversèrent le détroit de Gibraltar pour enfin arriver en Algérie où l'armée américaine avait une base militaire. Pendant toute la durée de leur voyage, pour survivre, ils exécutaient de petits travaux et il est arrivé quelques fois sur la route où ils durent voler une poule à un habitant pour manger. Pendant son séjour dans ces différents pays, il apprit l'Espagnol, le Portugais, l'Arabe et l'Anglais.

En 1943, après un exil de 3 ½ ans, il s'engagea dans l'armée américaine postée à Alger dans le bataillon des Étrangers, commandé par le général Patton.

Pour sa première bataille, en juillet 1943, il faisait partie du débarquement de la Sicile. Ensuite, son bataillon fut dirigé vers le Mont Cassin et il fut aussi de la bataille du pont de Remagen. Il continua ainsi jusqu'à Berlin et la fin de la guerre en 1945. Une blessure à l'abdomen causée par un éclat d'obus lui valut un séjour de 3 mois dans un hôpital d'Angleterre. À ce sujet il se plaisait à dire qu'il bêlait lorsqu'il en sortit parce le menu était toujours composé de mouton, de carottes et de petits-pois.

De 1946 à 1947, il fit son service militaire belge et poursuivit ses études pré-universitaires.

De 1948 à 1957, il étudia en science et en histoire à l'université de Liège d'abord. Ensuite, il s'inscrivit à l'école vétérinaire de Maisons Alfort, faculté de la Sorbonne à Paris. Pour poursuivre ses études, il travailla comme assistant-croupier au Casino de Monte-Carle. Accepta différents petits boulots qu'il accomplissait avec Charles Aznavour et Pierre Roche. Il fit différents stages en médecine vétérinaire et spécialisation comme zoologiste à Paris et 3 mois au Zoo de Hambourg. Il accepta un contrat de 2 ½ ans en Afrique pour trapper les animaux vivants et pour étudier la faune tropicale et l'écologie de cette région. Il fit aussi un stage de trois mois en comportement animal, en Autriche, chez Konrad Lorenz, éthologiste et prix Nobel.

C'est en mai 1957 qu'on le vit débarquer au Québec sous l'invitation de M. Robillard, directeur des Parcs de la Ville de Montréal qu'il avait rencontré auparavant en France. Dès son arrivée, il fut d'abord engagé comme vétérinaire à la Clinique Jasmin & Jasmin de Montréal jusqu'en 1959.

De 1959 à 1972, il agira comme directeur et conservateur du jardin zoologique de Montréal (Jardin des merveilles et quartiers d'hiver du parc Angrignon). Lors d'Expo 67, il était le responsable faunique et biologique de tous les animaux répartis sur les sites et dans les pavillons (mammifères, oiseaux, poissons). Pierre Bourque et lui furent les initiateurs de la volière « Avifaune » située dans la Biosphère qui attira bon nombre de visiteurs jusqu'à l'incendie qui fit éclater les vitres.

Désiré Aerts se faisait un devoir de faire une mise à jour régulière de ses connaissances sur toutes les sciences en général (faune, flore, entomologie, ornithologie, écologie, aquariologie, paléontologie, minéralogie, astronomie, etc.). Aussi, à la fin des années soixante, il prit part à un voyage d'étude de huit mois avec d'autres scientifiques en Amazonie, plus particulièrement, à Mato Grosso chez les Jivaros du Brésil où il étudia les animaux de la faune tropicale (reptiles, mammifères, oiseaux, poissons), l'écologie, les écosystèmes et les biotopes. Hebdomadairement, sa vie durant, il consomma une quantité incroyable de revues et de livres sur les sciences.

De 1957 à 1997, comme carrière parallèle, il fut vétérinaire zoologiste, consultant, aviseur technique et recherchiste biologique, vulgarisateur scientifique à la télévision et à la radio et comédien. Il a animé et/ou produit plus de 5 200 heures de télévision de séries. À la radio, il a animé ou co-animé 839 heures. Sur scène et comme conférencier, il comptait 2 198 heures. Tous ceux qui l'ont connu s'accordent pour dire qu'il était un excellent communicateur.

1959 à 1965 : « La vie qui bat » Radio Canada, animateur (1 an), aviseur et recherchiste biologique.

1960 à 1965 : « Romper Room School », CFCF-TV canal 12, co-animateur et vulgarisateur scientifique.

1962 à 1978 : « Le Zoo et le Cirque du Capitaine Bonhomme » Télé-Métropole, création du personnage Oncle Pierre, animateur, vulgarisateur scientifique (biologie, anthropologie, écologie, philosophie, géographie, histoire, sciences naturelles larges) 1 heure, 5 jours/semaine.
Production d'un cahier à colorer.

1968 à 1971 : « La Cabane à Midas », Télé-Métropole, animateur et vulgarisateur scientifique.
Production de 3 microsillons (33 tours).

1970 à 1972 : Chez le Prof Pierre, Télé-Capitale, Québec, animateur, recherchiste et vulgarisateur scientifique.

1974 et 1975 : Ministère de l'éducation, Québec, SEAPAC (projet spécial), direction générale de l'éducation aux adultes. Coordonnateur et personne-ressource, évaluation et interprétation de programmes locaux et étrangers; liens entre le ministère et les écoles anglophones de la province.

1975 ???? Le Prof Scientifix, les Petits débrouillards, animateur et collaborateur.

1978 à 1980 Radio CHRS, Rive-Sud de Montréal, animateur, informateur sur une ligne ouverte.

1979 à 1982 Câble Vision National (Vidéotron). Demande lui est faîte par Monsieur Chagnon de créer un canal spécialisé, le canal jeunesse, une primeur mondiale. Ce canal diffusera pour 1 700 000 millions d'abonnés. Conception, animation, rédaction des textes et narration de 7 séries différentes, 320 émissions de 30 minutes.

Kaléidoscopes: 26 émissions
Zoo de Granby: 13 émissions
Jardin des merveilles: 13 émissions
Aquarium de Montréal: 10 émissions
Sentier de la nature, St-Félicien: 26 émissions
Tour de ville, Clin d'oeil,
Jouons ensemble, 117 émissions
Les apprentis, La clé des champs:

1984 à 1985: L'Heure de la bonne humeur et Bonjour 7:30, Télé-Capitale, Québec, Chroniques sur les animaux, l'histoire et les sciences naturelles en général.

1987 Québec en parle, Télé-Capitale, Québec. Visites de sites historiques de la région de Québec (Place Royale, collections du musée des Augustines, escalier Champlain et ses maisons historiques) endroits intéressants méconnus (collection de minéraux de la faculté de Géologie de l'Un. Laval) etc.

1987 à 1988 Radio CHRC, Ste-Foy, co-animation avec André Paillé, chroniques sur les animaux.

1989 à 1995 Radio CFLS, Lévis, chroniques sur les animaux sous forme de capsule, sur l'écologie et les sciences naturelles en général.

1991 et 1992 Rendez-vous avec l'Oncle Pierre, Vidéotron, Câble 9, Québec: Producteur, concepteur, animateur d'une série de 26 émissions en collaboration avec un vétérinaire (Roch Côté) et une animalerie (Koala). Promotion du zoo de Charlesbourg, de l'Aquarium de Québec, du Centre muséographique de l'Un. Laval et d'une exposition d'ornithoptères (papillons à ailes d'oiseau) à la Maison Provancher de Cap-Rouge.

1997 Janvier à la fin avril Animalerie, Télé-Mag 24, Québec. Chroniqueur, montage d'une volière intérieure et choix d'oiseaux; promotion des nouvelles installations de l'Aquarium de Québec; promotion de l'année du corail (préservation, rareté et alternatives synthétiques); les naissances à l'Aquarium de Québec.

1959 à 1997: En solo ou accompagné, il s'est produit dans les différents cabarets de Montréal, Québec et de la province et/ou salles de spectacles avec la troupe de Jean Grimaldi, du Capitaine Bonhomme et celle qu'il forma avec Midas (Roger Giguère).

1973 à 1991: - Il a créé, bâti et animé avec Michel Noël comme co-propriétaire, le Village du Far-West, à Saint-Césaire.
- Dans une tournée, il a agit comme maître de piste dans un cirque où il
exécutait un numéro appelé «Saut de la mort» (genre de saut bungie).
- Il a été invité comme artiste animateur dans plusieurs festivals du Québec, centenaires de villes, au Salon international du livre de Québec, Carnaval de Québec, et autres événements culturels.
- Il a présidé des campagnes de financement pour MIRA, la Société protectrice des animaux et Rêve d'enfant.
- Il a produit en collaboration avec la Maison Jean-Lapointe de Québec un vidéo sur les drogues et les toxicomanies.

1992 et 1993 Il a présidé et fait la promotion à trois reprises de l'exposition d'artistes animaliers et de la flore « l'Art et la nature » ainsi que membre du jury pour la sélection des oeuvres des artistes.

Son apport dans les domaines écologiques, faunique et politique de 1959 à 1997

Dans toutes ses émissions de télévision, de radio, ou lors de conférences, il a sensibilité les gens à la préservation de l'écologie, des écosystèmes et des biotopes.
Il a été engagé par le gouvernement québécois pour faire des relevés biologiques dans la réserve de Manouane.

Il a initié des campagnes interdisant la vente de poussins et de lapereaux lors des fêtes de Pâques.

Lors d'une ligne ouverte, il prit la défense des Québécois et Canadiens concernant l'abattage des phoques lors d'une visite de madame Brigitte Bardot. Il a incité les villes et les gouvernements à légiférer la vente des animaux exotiques (fauves, singes, etc.) et à réglementer l'importation et l'implantation d'animaux non indigènes sur le territoire québécois. Il a dénoncé les combats de chiens et de coqs, etc.

Toute sa vie, il s'insurgea contre les mauvais traitements infligés aux animaux de ferme ou autres. Il n'hésitait pas à dénoncer ces faits lors de ses émissions de télévision ou de radio, comme l'abandon des chats et des chiens lors des déménagements, les chiens attachés à une chaîne 24 heures sur 24, et il prônait la stérilisation des chats et des chiens.

Lors d'une grève des cols bleus de Montréal, il ira nourrir les animaux sous sa responsabilité malgré les menaces des grévistes. Lors d'une autre grève, il dénonça les attitudes barbares des grévistes qui obligèrent les autorités de l'Aquarium de Montréal à abattre les dauphins.

Il fut engagé comme consultant par les zoos de Granby, Québec, les Sentiers de la nature de Saint-Félicien, Saint-Édouard de Maskinongé, Toronto et Jardin des enfants de New York.

Il créa et aménagea un sanctuaire d'oiseaux sur les îles du site d'Expo 67. Il était contre la prolifération des goélands qu'il comparait à des rats volants.

Il défendit avec force à la télévision comme à la radio, la préservation et la réparation des installations du Jardin Zoologique de Charlesbourg et de l'Aquarium de Québec (unique dans la province) en insistant sur leurs valeurs comme lieu de connaissance pour la jeunesse et comme site touristique.

Il oeuvra aussi dans le domaine touristique de 1959 à 1997

Il fit la promotion gratuite de tous les jardins zoologiques du Québec; du Jardin botanique, de l'Insectarium et du Biodôme; des sites touristiques et culturels de Montréal et de sa région; des sites touristiques et culturels de Québec et de sa région; du Cap-Tourmente, de Val-Jalbert et des Chutes Sainte-Ursule; des aquariums de Québec et de Montréal; du Planétarium de Montréal;

Participation à des voyages organisés sur certains des sites susmentionnés.

Pauline Dumais, sa dernière conjointe


Biographie écrite par Pauline Dumais